28 février 2006

Mystère au 72 rue Gustave Delory


JEUDI APRES-MIDI : Début de mes aventures palpitantes ce 23 février. Au hasard d’un coup de fil au notaire gérant l’appartement que je loue, j’ai demandé s’il n’avait pas des biens à vendre qui pourraient me convenir. Il m’a parlé d’un appartement F2 à 120 000 euros sur Lille Centre, Rue Gustave Delory, qui pourrait m’aller mais qui demandait un gros "rafraîchissement". J’ai décidé de le visiter malgré tout jeudi soir et j’ai eu une jolie surprise ! Rien que pour la situation de l’appartement déjà : en plein cœur de Lille, à 2 minutes à pied de la gare, à 7 minutes chrono de la Rue de Béthune, à 20 mètres de métro Mairie de Lille, et au bord de l’autoroute. Que peut-on rêver de mieux ? Je pourrais aller manger au Flunch quand je veux, aller au cinéma en un rien de temps, faire mes courses au Monoprix facilement, aller flâner dans les rues piétonnes à ma guise… Je ne connaissais absolument pas ce quartier, c’est pourtant tout près de la Rue du Molinel mais je n’avais jamais eu à y faire et j’en ignorais jusqu’à l’existence… je ne voyais le beffroi de la mairie que de loin. J’avais peur de me retrouver dans un immeuble mussolinien stylé comme la Cité Administrative, sur le papier le quartier ressemblait une grosse cité HLM entrecoupée de bâtiments administratifs. Finalement, aux premiers abords j’ai été un peu déconcerté de voir tous ces immeubles former des blocs et puis en fait, le soir venu, tout ça s’organise assez bien et semble bien vivant, ça m’a l’air agréable. L’immeuble quant à lui n’a rien d’extraordinaire vu d’extérieur, dans les tons chocolat il s’intègre bien au bloc d’immeubles qui fait face au Conseil Général (une architecture qui me plait bien tout compte fait). Et voilà enfin le nerf de la guerre : l’appartement ! La première impression fut que l’avertissement quant à la nécessité de faire pas mal de travaux était exagéré : certes le papier peint est affreux et le revêtement de sol serait à changer mais ce ne sont que des travaux de décoration… La salle de bain et la cuisine ont certes des équipements vieux de 25 ans plus très à la mode mais demeure fonctionnelle et utilisable en l’état… il n’y a rien qui empêcherait quelqu’un d’emménager dans l’heure. La surface est légèrement plus petite que mon appartement actuel (45 contre 47 m²) mais bon… c’est vraiment le seul inconvénient ! Il suffirait que j’apprenne à bien ranger et à optimiser l’espace (chose que je ne fais pas actuellement, bien au contraire, j’essayais de combler les vides), je ne doute pas que mes amis suédois auront une idée à ce sujet. La vue est bien dégagée sur le boulevard, heureusement qu’il donne en façade justement, ça a l’air assez verdoyant aussi. L’organisation des pièces est bien pensée (un salon au beau milieu qui dessert toutes les autres pièces), seul le hall semble ne pas servir à grand-chose mais on a vite fait de supprimer un placard et d’agrandir le salon sur le hall (houla… je me comprends), il y a moyen d’agrandir le salon de 6 m² facilement. Choses remarquable aussi en centre-ville, il dispose d’un parking sous-terrain et d’une cave.

VENDREDI MATIN : J'y ai réfléchi et voilà… ça me branche bien, il y a de quoi faire quelque chose bien une fois rafraîchi . De toute façon c’est très simple à choisir un appartement : soit on se dit en rentrant que c’est même pas la peine d’y penser, soit on se dit que ça pourrait être la bonne et on commence à l’aménager dans sa tête, c’est ce que je fais depuis que je l’ai visité et il est vrai que ça prend forme. Je calcule précisément mon plan de financement, j’avais commencé à me renseigner à la banque, dans les agences, je sais ce que je peux avoir pour mon budget et je sais à peu près quel budget je peux me fixer… mais de là à avoir un projet concret, il y a un pas à franchir. J'obtiens un apport de mes parents, ainsi que les conditions de prêt de la banque ; le notaire m'annonce qu'il peut l'obtenir certainement pour 115 000 euros. Voilà qui arrange mes affaires ! Mes parents ont eu les photos de l'appartement que je leur ai envoyé par mail, ils ont l'air intéressés, il faudrait qu'ils le visitent.

VENDREDI APRES-MIDI : J'obtiens du notaire qu'il me laisse les clefs pour le week-end, j'apprend aussi qu'une proposition de prix à 110 000 euros pourrait porter ses fruits. A la sortie du boulot je retourne le visiter, il me semble évident que c'est l'appartement qu'il me faut. En ressortant je jette un oeil sur le panneau d'affichage et quelques phrases m'interpellent : "SDF qui squattent et font leurs besoins dans le parking sous-terrain / serringues retrouvées au second sous-sol"... Ca me refroidit un peu, eh oui je suis un gros peureux moi et j'ai pas franchement envie de tomber nez-à-nez avec un junky en montant dans ma voiture. J'imagine la scène : "Eh mec j'ai besoin d"une dose !", réponse : "Euh tu veux pas un Pez plutot ?". Je continue à lire et l'annonce se termine par "merci de respecter ces consignes pour que les évènements de novembre dernier ne se reproduisent pas". Que c'est-il passé en novembre ?! Là je m'inquiète, il faudra que j'appelle le syndic de copropriété. J'ai l'impression de mener une enquête à la X-Files, c'est assez marrant en fait.

DIMANCHE MATIN : Le dossier n'a pas avancé samedi car j'étais à Bruxelles. Mes parents arrivent sur Lille pour le visiter. Je les préviens que l'appartement ne présente pas bien mais qu'après un petit ravalement, ça serait sympa. Ils me font déchanter : ma mère trouve des défauts partout, veut faire des travaux là où il n'y en a pas vraiment besoin de suite et estime le prix trop élevé. Je m'énerve car cela fait des mois que je regarde les annonces et fait des visites... alors entendre "ça vaut pas ce prix là" me met hors de moi car ils ne se rendent pas compte des prix du marché lillois ! Et pour peu qu'ils me rappelles que dans mon patelin pour ce prix on a une belle maison, je me jette par la fenêtre (du 1er). Finalement, je me résoud à leur avis : trop de travaux, trop cher... trop de trucs louches sur le panneau aussi (bien que bizarrement l'histoire des serringues ça leur a pas tilté).

DIMANCHE APRES-MIDI : Mes parents me rappellent, tout compte fait... ça serait une bonne affaire si le prix passait à 105 000 euros, soit 15 000 euros de moins que le mandat. J'accepte de retourner rue Gustave Delory accompagné de Nicolas qui sera objectif. On y va pour voir l'exposition, il est orienté au nord... mauvais point : jamais de soleil ! Quant à l'electricité, il n'y a quasiment pas de prises de terre, encore un mauvais point mais bon... les travaux peuvent arranger celui là. Avant de partir je remarque un relief sur le mur de la cuisine, je tate un peu et constate qu'une partie du mur sonne creux. En cherchant un peu et en démontant une pleinte, je me rend compte qu'une porte a été grossièrement bouchée et semble donner sur l'appartement d'à côté... Euh, bizarre non ?! En redescendant, je relis un peu le panneau d'affichage et tombe sur "nous rappellons aux résidents que l'ascenceur n'est pas un lieu de vie, il est interdit de cracher" ! J'hallucine ! Quel genre de personnes peuvent habiter là pour cracher sur les murs ?! C'en est trop, c'est le genre de choses qui ne se corrigent pas avec des travaux, cet immeuble ne m'inspire pas, il y a un truc qui cloche même si je ne sais pas quoi.

DIMANCHE SOIR : J'ai réfléchi... Je ne ferai pas un investissement sur 20 ans pour un immeuble qui me semble glauque et où je ne me sentirai pas en sécurité. Fin du dossier pour le 72 rue Gustave Delory. Je n'ai rien à regretter, y'avait du boulot pour en faire un bon cadre de vie, et même comme ça il aurait été un peu plus petit que mon appartement actuel. Je rapporte les clefs dès demain et raconte tout ça au notaire, puis je rappelle l'agence Faelens qui avait soit-disant quelque chose à me proposer, et enfin je relance GFF pour l'appartement sur Wazemmes. J'ai tout mon temps, au moins maintenant je sais exactement de quel budget je dispose, reste à trouver dans quoi le dépenser. Je crois que je vais changer ma stratégie et acheter un bien déjà loué qui est en moyenne 15 à 20% moins cher qu'un bien libre. Je rappellerai malgré tout le syndic pour savoir ce qu'il se trame au 72 rue Gustave Delory...

27 février 2006

Questions à l’assemblée...

Je me pose des tas de questions en ce moment, ça a commencé il y a quelques semaines à la lecture du blog d’un mec aussi tordu que génial qui se demandait où étaient fabriquées les blagues. Des petits lutins au pôle nord ? Une armée d’employés Carambar ? Un super ordinateur dans un bunker ? C’est vrai que c’est une question vraiment pas bête et son raisonnement était pas mal. Moi j’ai plein d’autres questions… Ayant revu ma cousine à Noël, je me suis rappelé qu’elle était folle des Playmobil étant jeune (peut-être encore maintenant ceci dit) et une question me taraudait l’esprit : comment ils font pour marcher les Playmobil ? Non parce quand on les examine de tout près, on voit bien que leurs jambes sont solidaires de leur bassin et qu’elles bougent toutes les deux en même temps… Alors voilà, à part en sautillant je vois pas trop comment ils peuvent se déplacer ! C’est pas un débat insignifiant ! Ils ont fait des tas de trucs en Playmobil : des pilotes de courses, des astronautes, des pirates, des chevaliers… mais toute leur mise en scène se casse la gueule si le chevalier lui aussi se pète la gueule dès qu’il essaye de marcher (et je préfère pas imaginer la difficulté qu’il aurait à engrosser la princesse à la fin de l’histoire) ! Ce sont les rêves de milliers, que dis-je, de millions d’enfants qui risqueraient d’être brisés ! Et je ne parle même pas du sort réservé à l’idiot aux vagues notions d’anatomies qui a conçu les Playmobil.

Bon… j’avais une autre question aussi : les nounours en gélatine, ils se reproduisent comment ? Ils font ça dans le paquet ?! Non parce que si ça nique dans le paquet que j’ai acheté, je trouve ça "limite limite". J’avais bien remarqué que j’en trouvais régulièrement collés l’un à l’autre mais de là à les imaginer concevoir, y’a un fossé que ma morale bien pensante a beaucoup de mal à franchir. En même temps c’est logique puisque les fabricants écrivent jamais le nombre de nounours sur l’emballage… comme si ils pouvaient pas savoir avec exactitude combien la machine à nounours elle a en mis dans le paquet ?! Ah ah ! Je suis convaincu qu’il y a des naissances dans les rayons et que c’est pour ça qu’il y en a de toutes les couleurs à l’arrivée ! Enfin, en attendant d’éclaircir ça j’ai trouvé une solution : j’achète des dinosaures en gélatine chez Casino (ils font la guerre pas l’amour) ou des fraises Tagada (là au moins on prend pas trop de risques).

26 février 2006

J'ai risqué ma vie pour cet article

Mardi soir je suis allé faire tranquillement (comprendre par là que ça m’a pris deux bonnes heures) mes courses à Auchan Englos… Pourquoi Englos ?! Euh… Déjà parce que je cherchais un magasin qui ferme tard et que je ne supporte plus d’aller à Carrefour Euralille à cause des caissiers gapettes désagréables, des kilomètres à parcourir pour trouver un malheureux pot de Nutella (qui sera forcément à l’autre bout du magasin au moment où je voudrais le mettre dans mon panier), des rayons tellement immenses avec trop de choix qui m’obligent à rester comme un con dix minutes dans l’allée pour choisir une brosse à dent parmi la cinquantaine de choix possibles, de ces caisses automatiques qui n’ont rien d’automatique, des gens bizarres qui me suivent et m’observent quand j’achète des cornichons (non non je vise personne mais quand même ça fait peur une filature à Carrefour), des paniers toujours trop petits puis trop lourds, de la grosse dame qui veut me faire bouffer du saucisson à n’importe quelle heure, des ces gamins qui hurlent, de ces gens qui sont aussi perdu que moi et qui squattent les rayons et donc me ralentissent encore plus, des offres en tête de gondole qui me font acheter tout et n’importe quoi en quantité exagérée... Bref je veux plus y aller ! Donc je vais à Englos, de toute façon de là où j’habite c’est aussi rapide que d’aller dans le centre de Lille, je fais mes petites courses (c’est-à-dire qu’arrivé à la caisse je m’aperçois que j’ai des bonbons, des noix de cajou et trois boîte d’American Bun’s mais pas de vrais trucs à manger) et là face à moi se dresse un stand tout en carton avec des banderoles, des comptoirs, des étagères immenses, un sphinx de 20 mètres de haut et un zeppelin publicitaire (je romance un peu pour vous faire rêver)… et des petites bouteilles, des centaines de petites bouteilles de couleur marron (photo ci-contre). Wouah, c’est que ça impressionne le chaland.

Je suis le raisonnement de base du consommateur alpagué par un packaging alléchant et je m’approche (tout doucement… non pas par crainte mais plutôt parce que ce jour là mes pompes glissent sur le carrelage), je ne sais pas ce que c’est, je ne sais pas quel goût ça a, tout ce que je sais c’est qu’il s’agit d’un nouveau truc que vient de sortir Coca-Cola et que ça s’appelle Blak ! Déjà rien que le nom aurait du me mettre en garde, eh bah même pas ! J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai saisi l’une de ces petites bouteilles qui semblaient si seules et pourtant si nombreuses. Et là il s’est passé un truc que je n’aurai pas cru possible : ces petites bouteilles marron ont comme qui dirait une conscience collective, ou un esprit de meute si vous préférez… Dès que l’on en prend une, on est presque obligé d’en prendre trois ! Ou alors c’est l’offre "2 achetés / 1 gratuit" chez Auchan qui m’a fait faire cet achat, je sais pas… je préfère croire à cet esprit de survie qui oblige les cannettes à se déplacer par trois. D’ailleurs j’invente rien, les cannettes de bière aussi se déplacent par 12 bien souvent, tout comme les nounours en gélatine qui quant à eux vivent en bande ! Biensur vous allez me dire que c’est Haribo qui les a mis tous ensemble dans un paquet, qu’ils n’y sont pour rien et qu’un nounours en gélatine ça a pas de cerveau… Eh bah pas si sûr ! Si je vous suis, vous pouvez me dire pourquoi quand on secoue le paquet y’en a toujours plusieurs qui tombent dans la main alors qu’on en veut qu’un seul ?! Hein ? Ah forcément on fait moins son malin là !

Bon je m’égare, à l’origine je voulais juste parler de cette nouvelle boisson. Donc une fois rentré, je l’ai mise au frais et je ne l’ai goûté qu’il y a quelques heures… Eh bien comment expliquer cette sensation qui m’a envahi quand j’en ai bu la première gorgée ? Je dirai que tout d’abord ça ressemble énormément à du Coca-Cola classique (truc que déjà je bois jamais, me demandez pas pourquoi j’ai acheté du Blak, si c’était si simple j’en serais pas là à vous raconter cette formidable épopée que même Spielberg il veut m’en acheter les droits), puis une sorte d’arrière-goût arrive et ça a le goût de café (j’aurai du m’en douter, c’est marqué boisson au café sur la petite bouteille mais bon…). Mais pas n’importe quel goût, un goût de café froid (et non de café frappé parce que ça j’aime bien), moralité : c’est particulièrement dégueulasse ! Donc si vous avez bien suivi mon histoire, vous saurez répondre à cette question : combien me reste t’il de petites bouteilles de Blak ? Tic tac, tic tac, tic tac, tic ! Deux ! Bravo ! Eh bien ceux là savent désormais qu’il leur faudra se méfier quand ils viendront chez moi car ils risquent fort de se voir proposer "la nouvelle boisson à la mode de Coca-Cola, celle que boit Shakira, si si !".

23 février 2006

Le grand retour du Schmilblick !


Euh... oui je sais, c'est sale, j'ai longuement hésité à le mettre sur le blog et puis je me suis dit que ça faisait aussi partie de la vie, et puis que ça ferait un bon jeu concours. Donc voilà ci-dessous vous pouvez observer une sorte de bouillon de culture qui s'est exercé dans mon seul et unique TupperWare (maintenant j'en ai plus parce que j'ai pas osé le relaver après ça, et puis de toute façon ça me saoule ces boîtes à la con) durant un mois et que je n'ai retrouvé que récemment au fond de mon frigo (bah oui... j'avais besoin de place). Alors pourquoi le Schmilblick me direz vous ? Eh bien parce maintenant c'est à vous de jouer chers lecteurs ! Il va vous falloir deviner ce qu'il y avait dans cette petite boîte en plastique avant que la transformation s'opère ! Eh oui, ici c'est interactif ! Donc voilà j'attend vos réponses par commentaires, c'est pas bien compliqué et une belle surprise attend notre gagnant(e)...

22 février 2006

Se souvenir des belles choses

Il y a des jours comme ça où l’on a la nostalgie de tout, il m’arrive parfois de repenser à des instants, ou des époques plus clémentes. Le simple fait de sentir un parfum, de manger un gâteau, de me retrouver dans une situation précise ou d’entendre un mot et tout me revient. Certains - la plupart - de ces souvenirs sont insignifiants, ils n’ont rien de bien extraordinaire en soi, mais bizarrement sont restés marqués et je ne sais pas quelle en est la raison. Tiens ça me donne envie de lire ce fameux bouquin de Proust où il parle des madeleines de son enfance, A la recherche du temps perdu je crois. Eh bien mes madeleines à moi étaient des tartines de Nutella, et pas n’importe lesquelles ! Des tartines de Nutella qui sentent le persil ! Eh oui messieurs dames, vous entendez bien ! Du persil ! Tout ça parce que le beurre était posé sur une étagère à l’entrée de la cave et que des bouquets de persil s’y trouvaient bien souvent aussi, mon grand père me faisait ma tartine avec ce beurre et naturellement il avait un tout petit peu le goût de persil et cela donnait des tartines assez spéciales ! Je me rappelle aussi quand il ramenait un morceau de gâteau de riz de la boulangerie, un morceau en triangle parsemé de raisins secs, le tout à l’apparence peu flatteuse mais tellement bon. Il sentait à travers le papier du petit paquet aux coins enroulés du bout des doigts, comme des nattes, je le gardais dans la main comme un bien précieux dans la voiture en attendant d’arriver à bon port et de pouvoir le manger, bien souvent accompagné d’un verre de cidre, dans la cuisine – la pièce à vivre chez mes grands-parents paternels – tandis que mon grand-père fumerait, encore et inlassablement (il ne mourra même pas du tabac en définitive).

Plus récemment, je me rappelle très bien d’un soir de semaine, il y a de ça environ cinq ans puisque j’étais encore en DUT, dans mon studio à Calais où une fine pluie tombait sans discontinuer sur les toits aux tuiles oranges. Mon studio étant juste en dessous de la toiture (pour mon plus grand plaisir car j’adore les pièces mansardées), je l’entendais très bien frapper timidement les tuiles et dans mes 25 m² faits de moquette et de poutres apparentes, je me sentais bien. Ce soir là comme beaucoup d’autres en ce temps là, je n’avais rien de spécial à faire et après avoir passé un peu de temps sur internet, je m’étais retrouvé sur mon lit à regarder la télé, un vieux film, un péplum dont je ne retrouve pas le nom. Je n’avais pas gardé les yeux ouverts bien longtemps et m’étais vite endormi en laissant tout allumé, tandis que la pluie continuait de tomber, enfin… de me bercer. Les voisins étaient étonnamment calmes et les dernières voitures finissaient de remplir ce petit parking en gravier que j’apercevais depuis mon velux au troisième étage de mon immeuble Rue Auber, tout près du théâtre de Calais, en plein centre-ville. Je me suis réveillé, le film était fini, il était 3 heures du matin, je ne sais pas pourquoi mais je me suis senti bien à un point qu’on ne connaît que rarement. La situation était idéale, presque irréelle en ce que l’instant resta coincé à jamais dans ce laps de temps durant lequel on ne sait distinguer rêve et réalité, et bien que rien d’étonnant ne se passa ce soir là, cet "instant" reste un souvenir apaisant et très fort sans que je ne sache pourquoi.

Je me rappelle aussi d’un autre soir, j’étais beaucoup plus jeune. C’était un samedi soir chez mes parents, on faisait une fondue et je regardais en même temps "Samedynamite" sur FR3 (eh oui les petits jeunots, ça s’appelait encore comme ça !), une excellente émission pour enfants avec le dessin animé star de l’époque : Denver le dernier dinosaure, et un autre truc dont je ne me rappelle plus le nom mais dans lequel il y avait la "grande crado" ! Il suffit que je ferme les yeux pour m’y retrouver, j’ai l’impression que c’était hier. Encore une fois, c’était une soirée toute ordinaire, mais c’est de celle-là dont je me souviens. De la même manière, un midi où je revenais de l’école primaire et où je déjeunais avec mes grands-parents et mon père à la même table est resté gravé, je crois que c’est parce que ce fut la seule époque où nous étions rassemblé pour manger le midi et qu’après mon père ne travaillait plus sur place et que moi je mangeais à la cantine. Des souvenirs idiots comme ça, j’en ai quelques uns, ce ne sont même pas de grands évènements mais juste des petites choses, ces détails qu’on pourrait rassembler et réunir dans Amélie Poulain. Il n’y a pas non plus que des souvenirs positifs, mais des années plus tard ces mauvais souvenirs semblent bien dérisoires, il n’ont eu aucune conséquence et pourtant je regretterai toujours d’avoir fait ou dit ces choses. Les belles choses, tout comme les mauvaises, s’accrochent. PS : Ca vous a pas donné faim toutes ces madeleines ?

21 février 2006

Je vous trouve très beau

Vendredi soir dernier, c'était ma petite soirée ciné à l'UGC. Ca faisait un moment que je n'y étais pas allé, il était temps de rentabiliser ma carte (ce qui va pas être difficile vu que le week-end le tarif plein est à 7,90 euros, c'est quand même pas donné !). En arrivant je suis choqué de voir toujours une file d'attente toujours aussi longue pour cette connerie de film des bronzés, il semblerait que je n'ai pas fait assez de mauvaise pub. Ca faisait quelques temps que j'avais envie de voir le film d'Isabelle Mergault : Je vous trouve très beau. Juste pour situer, le film parle d'un agriculteur qui vient de perdre sa femme, il n'est pas submergé par le chagrin, mais anéanti par le travail qu'il va devoir désormais effectuer tout seul à la ferme. Voyant qu'il ne peut pas s'en sortir seul, il cherche une autre femme mais ne peut la trouver dans le village. Grâce à une une agence matrimoniale, il va se décider à faire venir une roumaine non pas pour devenir son ame soeur mais plus pour l'aider à traire les vaches ! Je n'ai pas été déçu (contrairement à ce que certains collègues me disaient), l'histoire est originale tout en étant d'actualité, je n'ai pas le souvenir qu'un film ait déjà traité de ce sujet ; les dialogues sont très bien écrits, très fins. Michel Blanc joue vraiment bien, ça rassure après ce que l'on avait vu dans Les Bronzés 3 ! De même pour Medeea Marinescu que je ne connaissais absolument pas mais qui est très bonne actrice. Grand coup de chapeau à Isabelle Mergault pour son premier film en tant que réalisatrice, c'est vraiment une belle histoire, touchante, mise agréablement en images. J'ai oublié de préciser que bien évidemment on rit beaucoup durant ce film ! Il y a même des répliques cultes mais je vous laisse le voir pour en juger par vous même ! Je suis heureux de constater qu'une nouvelle vague de comédie "subtiles" arrivent sur les écrans et que cette nouvelle veine redynamise le cinéma français. Je pense qu'on a beaucoup à espérer de ces nouvelles réalisatrices dont fait partie également Valérie Lemercier même si l'excellent Palais Royal n'était pas son coup d'essai. Prochain film à voir : Fauteuils d'orchestre.