18 décembre 2006

Le Kitsch a encore de l'avenir

S'il y a bien un mot qui revient souvent dans les conversations c'est le mot "kitsch", on l'utilise à toutes les sauces, à plus ou moins bon escient. Moi même je me suis rendu compte que je l'utilisais sans trop savoir son sens exact, on taxe de kitsch un peu tout et n'importe quoi de nos jours. Après quelques recherches sur internet, je suis surpris d'apprendre que ce concept si familier et tant à la mode est apparu en Bavière vers... 1860 ! A l'origine il représente l'inauthentique, la surcharge et le mauvais goût. Ca semble correspondre à l'usage que nous en faisons pour désigner les nains de jardin, les costumes de patineurs artistiques, la décoration du salon de votre tante un peu désaxée, et les lustres baroques en plastique que l'on essaye de nous vendre ces derniers temps. Et pourtant, au-delà de son utilisation dans le langage courant, j'apprend que le kitsch a une histoire !

Milieu XIXème : On cherche tout d'abord à critiquer la production artistique et industrielle d'objets bon marché, la consommation et la culture de masse, opposée à la culture réservée à l'élite. Le terme "kitsch" apparaît en 1960 et son étymologie est assez vague : certains pensent au verbe kitschen (brader en allemand), d'autres au verbe kitschen (ramasser les ordures), et d'autres encore au mot anglais sketch si on le prononce à l'allemande ! Le kitsch est associé à la nouvelle classe moyenne, engendrée par l'essort de l'industrie, qui se régale d'imitations bon marché d'oeuvres d'art, et donc de produits culturels distribués à grande échelle.

Milieu XXème : Les intellectuels de gauche critiquent désormais la nouvelle société de consommation, on ne reproche plus au kitsch de brader la culture mais d'être un outil de manipulation des masses. Réduisant les adultes à des enfants, le nouveau kitsch rend les masses plus faciles à manipuler en réduisant leurs besoins culturels à la gratification facile offerte par les dessins animés de Disney, la littérature pulp, et les romans à l'eau de rose (Binkley). Certains comparent même le kitsch au fascisme et au communisme dans le sens où il encourage l'abaissement de la masse devant l'autorité dans un contexte capitaliste.

Aujourd'hui : Le kitsch s'est répandu au rythme de la globalisation des marchés mais on a oublié l'histoire tumultueuse et parfois politique du mot. L'adjectif kitsch, à la fois péjoratif et affectif, représente le point de vue esthétique d'individus généralement cultivés qui ont grandi avec cette culture de masse et peuvent en parler avec nostalgie et/ou auto-dérision. Dans les grands classiques du kitsch on trouvera les objets souvenirs en coquillages, la truite qui chante, les costumes de Bioman, les coucous suisses en plastique, la casquette avec ventilateur, l'assiette en porcelaine à l'effigie du pape, le cadre paysage qui s'allume pour imiter les vagues, la lampe colonne d'eau avec poissons en plastique... Qui n'a jamais eu une de ces horreurs chez lui ?!

4 commentaires:

Ecrivateur a dit…

Un peu kitsch cet article... hu hu hu

T. a dit…

Euh... Moi, j'vous jure !

Fabien a dit…

Et les nickelodeon ? Et les pins et les pogs c'est kitsch ou tout simplement demode ?

edwoodjr a dit…

Les pin's et les pogs sont juste passés de mode je dirai... Par contre une lampe volcan ou une soupière avec des fleurs en porcelaine peintes ça c'est kitsch !