27 novembre 2006

Mon orange de Noël

Blasé. Voilà un terme qui semble convenir quand on me parle de cadeaux de Noël. Cela fait déjà quelques années que, quand on (mes parents notamment) me demande ce que j'aimerai avoir pour Noël, je ne sais pas quoi répondre. Je n'avais tout simplement besoin de rien de spécial et ce dont j'avais envie je me le suis payé seul sans attendre, et c'est encore plus vrai depuis que je travaille. Je suis très heureux quand je reçois un cadeau, là n'est pas le problème, c'est juste que je ne ressens plus rien de comparable à ce que j'ai connu par le passé. Il fut une époque où je faisais des listes à n'en plus finir, plusieurs mois avant cette échéance, et où j'attendais avec impatience de voir les paquets sous le sapin. En grandissant, en devenant un adulte, cette attente et cette excitation se sont envolées. Je me rappellerais toujours ce soir où mes parents m'avaient acheté ma première console de jeux : une Master System 2, avec Alex Kidd et Shinobi (ça c'était du bon jeu !). Il était déjà tard quand j'ai ouvert le paquet et je n'y ai peut-être joué que vingt minutes et pourtant j'ai l'impression que cette partie a duré des heures tellement j'étais heureux de l'avoir dans les mains, tellement je l'avais attendue. Cette console je l'ai toujours, elle a fait des kilomètres entre la maison de mon grand-père, de ma grand-mère, de mon voisin, de mes copains... J'y ai joué jusqu'à ce que les couleurs déconnent et les manettes soient rafistolées avec du scotch. Sans parler que les Noël suivants étaient souvent une occasion d'obtenir le dernier jeu sorti tant désiré car à l'époque il était impossible de pirater quoi que ce soit !

Je suppose - et j'espère - que c'est ce que ressentent tous les enfants quand ils recoivent leur cadeau, que ce soit à Noël ou pour leur anniversaire. Ceci dit je me demande si le fait d'être blasé avec le temps est dû au fait que je grandisse (et que je n'attende plus d'occasion particulière pour obtenir ce qui me fait envie), ou si c'est l'époque dans laquelle nous vivons qui veut ça. Je me le demande car lors de mon dernier Noël en famille, mes petits cousins et leurs propres teignes de cousins ont ouvert leurs paquets sans ménagement et l'émerveillement fut aussi court qu'intense. Dans mon cas j'ai certainement participé pleinement à cette désacralisation du cadeau de Noël étant donné que je parvenais à me faire un peu d'argent sans attendre Noël et que ma mère a très vite pris l'habitude de me demander explicitement quel cadeau j'aimerai avoir, ce qui forcément enlève l'effet de surprise. Il m'est même arrivé d'avoir mon cadeau bien avant Noël et d'entendre "Eh bien ça sera ton Noël". Alors on fait dans la surenchère, on offre des cadeaux de plus en plus gros, de plus en plus chers, mais rien n'y fait... L'émerveillement n'est finalement peut-être lié à l'attente, tout comme l'excitation dans une montagne russe est due au temps passé dans la queue. Que reste t'il de ce moment prétendu magique pour les enfants si l'on ne respecte plus la date ou le secret ? Certes les enfants font des listes mais ils ne savent tout de même pas à coups sûrs ce que le Père Noël va leur ramener ?

Je garde un excellent souvenir de tout cela et beaucoup de nostalgie de cette époque où l'on croyait encore qu'un gros barbu sur un traineau distribuait les cadeaux (non sans blague, vous avez pas remarqué ?). J'adore encore profiter des illuminations de Noël et je suis impatient que Lille s'embrase à nouveau ce qui ne devrait pas tarder puisque j'ai croisé les employés communaux y travaillant à 2 heures du matin. J'ai bien essayé de retrouver cette ambiance autour des cadeaux de Noël mais il semblerait que l'on perde cette faculté à s'émerveiller de peu en même temps que l'on grandit. Suis-je le seul à ressentir ça ou c'est le cas de vous aussi ?! Je garderai cependant toujours à l'esprit le récit des Noël de ma mère étant enfant et je me rappellerai combien elle dit avoir été heureuse quand on lui a offert une simple orange pour Noël et combien elle a pleuré quand ma grand-mère lui a acheté une paire de pantoufles faites de deux pieds gauches ! Mon orange à moi, c'est ma Master System 2. J'ose espérer que les enfants ont encore aujourd'hui leur orange. Et vous ? C'est quoi votre orange ?

5 commentaires:

maczym a dit…

Mon orange à moi, c'était un super gros vaisseau spatial gris, noir et les vitres vertes en lego, où il fallait au minimum 2 bonnes heures pour trier, regrouper les pièces et enfin l'assembler !

Mais sinon à presque 25ans, les legos se transforment en d'autres oranges

edwoodjr a dit…

En effet, je viens de voir que t'as un sacré filet d'orange sur ton blog ! De la grosse, de la lourde, de la belle orange même !

Bastien a dit…

bizarre moi qui ne suis plus noël (l'age m'a aidé mais pas que ça) et bien bizarrement en te lisant ça m'a fait réagir !

je me souviens aussi de ces noëls où les cadeaux étaient encore des surprises, où a la vision du paquet sous le sapin on imaginait ce qu'il y avait a l'interieur.

Ma premiere orange à moi ça a ete le bateau pirate playmobil, avec le playmobil a la jambe de bois (enfin de plastique imitation bois lol) des canons avec leurs boulets, du bandeau sur l'oeil du capitaine ...

Je ne sais pas pourqoi mais en te lisant une certaine nostalgie flotte dans l'air ...

niko a dit…

Le château fort Playmobil fût ma plus grosse orange de Noël.
Sinon il y a eu le flipper en plastique MarioBros, la tente Mickey (elle se montait toute seule, comme les tentes soi-disant super innovantes de Décathlon), ma jolie montre...

Et dernièrement, même dilemme, jamais d'envie, jamais d'idée...
Mais bon, on ne va pas se plaindre de pouvoir s'offrir nos envies nous-mêmes.

edwoodjr a dit…

Hum hum... Les Playmobil dominent pour l'instant, et dire que je n'en ai jamais eu, je trouvais que c'était pas franchement cool des bonhommes qui ont les jambes solidaires et les mains en tenailles.